Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
Est-ce là ce grand arbre qui portait son faîte jusqu'aux nues ? Il n'en reste plus qu'un tronc inutile. Est-ce là ce fleuve impétueux qui semblait devoir inonder toute la terre ? Je n'aperçois plus qu'un peu d'écume.
Je passais au bord de la Seine Un livre ancien sous le bras Le fleuve est pareil à ma peine Il s'écoule et ne tarit pas Quand donc finira la semaine.
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve.
La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.
Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves, ne maudissons pas la vie.
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal.
J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
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