J'appelle vices des maladies de l'âme, qui ne sont point si aisées à connaître que les maladies du corps, parce que nous faisons assez souvent l'expérience d'une parfaite santé du corps, mais jamais de l'esprit.
Dans les périodes de troubles, rien n'est plus commun que l'alliance du vice audacieux et de la vertu turbulente.
Crains l'âme, mais ne la cultive pas, car elle ressemble à un vice.
J'aime mieux un vice commode Qu'une fatigante vertu.
Ce qui ôte au vice un peu de sa dignité, c'est qu'il est toujours, par quelque endroit, le parasite de la vertu.
La liberté, pour qui connaît les vices obligés de l'esclave, c'est la vertu possible.
Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice est que nous en avons plusieurs.
La pluralité des voix n'est pas une preuve qui vaille rien, pour les vérités un peu malaisées à découvrir.
Ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien.
Au lieu que c'est une vertu d'avoir pitié des moindres afflictions qu'ont les autres, c'est une espèce de lâcheté de s'affliger pour les nôtres propres.
Au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer. Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle : c'est-à-dire d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute. Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre. Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusques à la connaissance des plus composés : et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres. Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre.
Je suis comme un milieu entre Dieu et le néant.
Les hommes [que les passions] peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie.
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