Je dis je en sachant que ce n'est pas moi.
Je dis je en sachant que ce n'est pas moi.
Car Je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée […].
Je : cette apparition mince et floue, qui figure en tête de la plupart de nos phrases.
Nous ne possédons rien au monde — car le hasard peut tout nous ôter — sinon le pouvoir de dire je. C'est cela qu'il faut donner à Dieu, c'est-à-dire détruire.