La calomnie est une guêpe qui vous importune et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu'on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais.
La calomnie ne peut être une force que si elle correspond à un besoin historique.
Serais-tu aussi chaste que la glace et pure que la neige que tu n'échapperais pas à la calomnie.
Plus une calomnie est difficile à croire, Plus pour la retenir les sots ont de mémoire.
Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien : et nous avons ici des gens d'une adresse !… D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, [je] ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate, et tonne, et devient, grâce au ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?
Une calomnie dans les journaux c'est de l'herbe dans un pré. Cela pousse tout seul. Les journaux sont d'un beau vert.
Ce qui fait le succès de quantité d'ouvrages est le rapport qui se trouve entre la médiocrité des idées de l'auteur et la médiocrité des idées du public.
M. de Brissac, ivre de gentilhommerie, désignait souvent Dieu par cette phrase : « Le gentilhomme d'en-haut ».
Je ne sais quel homme* disait : « Je voudrais voir le dernier des Rois étranglé avec le boyau du dernier des Prêtres. »
Pour être heureux en vivant dans le monde, il y a des côtés de son âme qu'il faut entièrement paralyser.
Les gens du monde ne sont pas plus tôt attroupés qu'ils se croient en société.
M…L. avait, pour exprimer le mépris, une formule favorite : c'est l'avant-dernier des hommes. — Pourquoi l'avant-dernier ? lui demandait-on. — Pour ne décourager personne, car il y a presse.
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